Cette semaine a été chargée. Parce que voilà, en plus d’avoir eu mes premiers vrais cours, j’ai aussi du me séparer de ma voiture. De façon provisoire j’entends. Mais quand même. Alors oui, c’est pas la mort, je sais. Sauf que redevenir piéton quand tu roules en bagnole depuis cinq ans, vois-tu, c’est vraiment riche en émotions.

On doit tout remettre en question quand on redevient piéton. Les temps de trajets, l’anticipation des itinéraires, les activités post-cours… Même les chaussures on les remet en question. Autant dire que la réadaptation a été fastidieuse.

Étape 1 : déchiffrer le réseau de transports en commun marseillais. Et le comprendre. Surtout. Non parce que la RTM, elle n’a de commun avec la RATP que le R. Tout ce qui touche à la logistique et à la fréquence, peanuts. Comparer la RTM à la RATP, c’est un peu comme comparer mon lave-linge Zanussi « 500 tours » à la Whirlpool « Vapeur d’argent » : quatre niveaux de réglages vs. choix de la température au degré près. Deux lignes de métro vs. seize lignes de métro. Rien vs. tout. Et en prime, avec Whirlpool, t’as la musique de fin de cycle qui va bien. Tu commences à te faire une idée du périple ou pas là ?

Étape 2 : pour voyager bien, voyager léger. T’as pas le choix en bus, t’es obligé de faire light. Mais une fille ça ne voyage jamais léger. Une fille, quand ça part en week end ça prend des fringues pour 15 jours. C’est le même principe pour une journée. Alors quand on a une voiture, on peut se permettre de voyager chargé. On peut prendre un gros sac à main, avec un gros sac de sport et des grosses Dunks dedans. Ce qui est relativement utile quand on enchaine vie étudiante et activité sportive. Mais quand on n’a pas de voiture, on prend le minimum syndical. Le minimum chez moi serait de prendre iPad + Keynote (sac à main) et fringues + baskets (sac de sport). Sauf que moi cette semaine je vais directement en prison, je passe par la case « iPad en panne » et je me touche moi-même avec mon ordi portable de 100 tonnes à trimballer.

Étape 3 : avancer l’heure du réveil (remise en question des temps de trajet). Essentielle.

Étape 4 : oublier le confort d’être seule dans sa voiture. Oublier que dans un bus, on n’a aucun pouvoir sur la clim, ni sur la radio, ni sur les gens qui y montent. Oublier qu’on n’a encore moins de pouvoir sur le conducteur qui fume. Oui, un conducteur de bus qui fume dans le bus. Genre c’est normal. Bizarrement, le conducteur avait un gros « fuck you les anti-clopes » tatoué sur le front. Il faut donc oublier qu’on peut choisir de fumer dans sa voiture ou pas, mais que concernant le bus, c’est la fête de la clope pour tout le monde.

Étape 5 : se dire que pendant une semaine, on fera un autre geste écolo que celui du tri sélectif. Se dire aussi que si on n’a pas de voiture pendant une semaine, c’est parce qu’on l’a prêtée à Maman qui, accessoirement, a payé cette voiture. Moi, quand je serai maman, je trouverai ça super normal d’utiliser la voiture de ma fille que j’aurai payée, MOI, plutôt que de louer une caisse à 400 boules les 10 kilomètres. (En vrai, ma mère elle sacrifierait sa vie pour moi. Une semaine de la mienne, c’est la moindre des choses).

Voilà voilà, le bus a été géré dans les règles de l’art. Le fait de mettre une heure à rentrer chez moi au lieu de 20 minutes m’a quand même bien fait chier mais lundi je recommencerai à rouler à 80 sur la Corniche et tout sera cool. Je grillerai un plein en 6 jours, comme d’hab, et j’insulterai les conducteurs teubés. Comme d’hab. Autre petit détail : j’ai aussi géré l’ouverture du blog cette semaine. Mais j’ai commencé soft vous voyez, petite mise en jambe, sorte de footing du dimanche 2.0.
Enfin tout ça pour dire que c’est vraiment pas la mort de ne pas avoir de voiture. Provisoirement j’entends.

photo : Marcovdz

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