Bon alors. Que je vous explique comment prononcer « Mtsss » quand même.

« Mtsss » c’est ce truc que tu réponds aux gens qui t’énervent quand ils te disent une absurdité et qu’au lieu de leur répondre « mais que t’es con sérieux » ou « putain mais tu comprends rien » tu leur dis juste « mtsss ».

« Mtsss », c’est quelque chose que je dis souvent. Enfin « dire », c’est un bien grand mot pour un simple claquement de langue mais étant donné que j’objecte souvent ce qu’on me dit… Bref, voilà.
Et n’allez pas penser que mon but dans la vie est de ne pas être d’accord avec les gens qui m’entourent. Si j’objecte, c’est parce que je suis certaine que ce qu’on me dit est faux. Quand je n’objecte pas, c’est que soit : 1) je ne sais pas, alors je me tais, 2) c’est vrai, 3) c’est faux mais je suis d’accord quand même.

Ce « mtsss » est en fait la transcription littéraire d’une expression purement orale. En tant que fille du sud (de la France ET de l’hémisphère) je « chante » quand je parle. Mon parlé à moi est bien plus parlé que votre parlé à vous. Mon écrit aussi est parlé. C’est à dire que j’écris comme je parle (il parait que c’est grave hype d’écrire à l’oreille).
Donc un jour, alors que j’étais en grande discussion via mon smartphone, mon interlocuteur a envoyé une réponse qui m’a faite réagir. Mon visage a fait « WTF » et ma bouche a dit « mtsss ». Mais voilà. Le « mtsss » en question, je fais comment moi pour l’écrire? Parce qu’il est hors de question de perdre le moindre détail de ma réponse. L’intensité du mépris et la violence du dédain, il me les faut tous les deux dans un seul mot.

Me voilà alors en train de m’écouter parler. Je prononce ce « mtsss ». Je le dis une fois, deux fois. Je le désarticule et le décompose. J’associe un mouvement de lèvres et de langue à chaque élément sonore, comme un musicien mettrait des notes sur une portée (c’est beau).
Après de nombreux essais, voici donc la technique de prononciation du « mtsss »:

  1. Fermer la bouche en joignant les lèvres.
  2. Venir poser la pointe de la langue sur l’intérieur des incisives (les dents qui « coupent » là devant).
  3. Coller la langue au palet.
  4. Décoller les lèvres.
  5. Procéder à une aspiration d’air rapide en empêchant d’abord l’air de passer, puis en le relâchant à travers une voie étroite au-dessus du milieu de la langue (sorte de [t] collé à un [s]).

Voilà, vous savez prononcer « mtsss ». En phonétique, on appelle ceci une consonne affriquée alvéolaire sourde aspiré. (En vrai, j’aurais aussi pu l’écrire [t͡sʰ] mais c’est quand même pas autant représentatif que « mtsss »).

Vous pouvez donc arrêter de dire « hèmeutéhesse » pour parler de mon blog. C’est bon vous l’avez?

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